L’Asile

En 1947, alors que son Liberty Ship fait escale dans le port de La Pallice à La Rochelle, Carl Solomon déserte et monte à Paris où il est témoin d’une performance d’Artaud lors d’une exposition dans la Galerie Pierre. Deux ans plus tard, il rencontre Allen Ginsberg et Gerd Stern dans un hôpital psychiatrique new-yorkais. Ginsberg y est interné pour éviter la prison, Solomon après une tentative avortée de lobotomie inspirée par sa fascination pour Antonin Artaud, et Stern pour échapper à la précarité. Les trois hommes, unis par leur passion pour la littérature subversive (Dostoïevski, Rimbaud, Artaud, les surréalistes), y forment un trio complice. Solomon, obsédé par Artaud transmet son culte aux autres, tandis que Stern approvisionne le groupe en marijuana. Leurs échanges – lectures, imitations d’Artaud, provocations – nourrissent la future œuvre de Ginsberg, Howl, dédié à Solomon. Libérés, ils divergent : Solomon publie un récit sur son expérience (Report from the Asylum) et travaille dans l’édition, Ginsberg oscille entre tentative de normalité et immersion dans la contre-culture naissante, et Stern part voyager en Amérique du Sud avant de rejoindre la scène beatnik, tout en gardant ses distances avec Kerouac. Leur amitié, née dans l’asile, marque le début d’une génération littéraire qui fusionne folie, rébellion et création.

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