La vallèe de Swat
Un refuge montagneux, plus pachtoune que pakistanais. À Bahreïn, nous libérons le petit renard qui nous avait été confié à Kaboul.

avant de nous rendre dans des villages isolés comme Kalam et Matiltan, où le temps semble s’être arrêté. À Matiltan (2 300 m d’altitude), ils louent une chambre simple pour un mois et vivent au rythme des tâches quotidiennes (aller chercher de l’eau, cuisiner du riz, fumer des chiloms), entre fascination pour le paysage alpin et délire fiévreux causé par les parasites et la malnutrition.

Les journées sont rythmées par des observations minutieuses (mouches, femmes voilées travaillant dans les champs) et des réflexions métaphysiques inspirées par Henry Miller, entre quête de « paix intérieure » et hallucinations douloureuses. L’arrivée d’autres voyageurs (Suisses, Américains) marque le début d’un tourisme naissant, perçu comme une menace pour ce « paradis perdu ».
Le retour dans les plaines (Bahreïn, Mingora) est un choc : chaleur étouffante, sadhus hindous de passage et incidents absurdes. Le chapitre se termine par une baignade insouciante dans une rivière boueuse, métaphore de l’innocence perdue, et le vol de leurs chèques de voyage par un junkie américain.
Le texte mêle poésie (citations de Miller et Thoreau) et ironie (cinémas itinérants de Bollywood, fanatisme religieux) et souligne l’ambivalence entre émerveillement et désillusion, tout en pressentant la montée de l’intolérance islamique. Le chemin vers l’Inde, désormais inaccessible, se transforme en errance sans but.