Retour à la case départ

Ce chapitre raconte le retour chaotique en Europe après des mois d’errance en Asie, un choc culturel brutal entre l’anarchie des routes orientales et l’ordre occidental. Le narrateur traverse l’Iran en train, nostalgique des paysages afghans et écœuré par le consumérisme iranien, avant d’embarquer sur le Van Gölü Ekspresi, un train-démontable qui franchit le lac de Van en ferry. À Istanbul, le Pudding Shop, autrefois lieu mythique des routards, lui semble désormais sordide, symbole d’un voyage qui touche à sa fin.

De Munich à Caen, chaque étape est une désillusion : les flics allemands le chassent pour son apparence de « hippie dégueulasse », un black-out en gare le fait rater son arrêt, et un contrôleur de la SNCF lui extorque ses derniers sous. Le retour en Normandie, malgré l’accueil chaleureux de ses amis (Régine, Jean-Michel), est marqué par un décalage persistant – une partie de lui reste « sur la Tête de Bouddha ». Le texte se clôt sur une prise de conscience mélancolique : le bonheur ne se trouve pas dans la fuite, mais dans l’engagement ici et maintenant, en Europe, pour « changer ce monde ». Les citations de Cazeneuve soulignent cette tension entre nostalgie et nécessité de reconstruire, entre le rêve asiatique et la réalité d’un retour à la « civilisation » qu’il méprise mais ne peut plus fuir. La boucle est bouclée, mais le voyage intérieur, lui, continue.