Le Peyotl, plante sacrée des Tarahumaras, devient un symbole de quête spirituelle et de rébellion pour les avant-gardes littéraires. Antonin Artaud, après un voyage au Mexique en 1936, en fait l’expérience comme moyen de retrouver une conscience primitive et une vérité intérieure, décrivant ses visions dans Voyage au pays des Tarahumaras. Son récit, publié en anglais en 1948, influence profondément la Beat Generation, déjà fascinée par le Mexique comme terre de mythes et d’échappatoire. Les Beats—Burroughs, Ginsberg, Kerouac, Lamantia—adoptent le Peyotl comme outil d’exploration hallucinogène, cherchant à reproduire les extases d’Artaud et à défier les normes sociales. Lamantia l’introduit à San Francisco, McClure et Burroughs en font une pratique quasi rituelle, tandis qu’Huxley théorise ses effets dans Les Portes de la perception. Le cactus, interdit par l’Église mais célébré par les poètes, incarne le lien entre chamanisme amérindien, surréalisme et contre-culture, marquant une génération en quête d’absolu et de transgression.