Le chapitre décrit le départ contraint de l’Afghanistan en juin 1972, marqué par des démarches administratives kafkaïennes et une chaleur étouffante à Kaboul. Les narrateurs, après un échec à obtenir un visa indien (refusé au Français pour manque de fonds, accordé au Suisse), décident de se rabattre sur le Pakistan et la vallée mythique de Chitral. Leur dernier acte en Afghanistan : exfiltrer clandestinement un renardeau acheté par une Québécoise, symbole d’un romantisme désordonné dans un monde dominé par la drogue et l’oppression masculine. Le voyage vers Peshawar, sur le toit d’un bus avec l’animal attaché, évoque une parodie d’expédition alexandrine à travers le col du Khyber.
Peshawar, ville frontalière saturée de junkies bloqués par la guerre indo-pakistanaise, offre un choc culturel : humidité tropicale, ruelles grouillantes sans femmes, et un hôtel sordide où le renard, de plus en plus agressif, force le groupe à fuir. Les observations ironisent sur l’hypocrisie des étudiants locaux (manifestations pour le Vietnam plutôt que contre la misère pakistanaise) et la corruption ambiante. Le texte mêle absurde (le renard comme passager clandestin), désillusion (l’Asie „telle qu’on l’attend“, entre bordel et rats) et une pointe de nostalgie pour l’Afghanistan, malgré ses excès. La citation de Voltaire en clôture sonne comme un aveu d’épuisement – le paradis n’est plus une quête, mais une résignation à l’instant présent. La route vers Mingora s’annonce comme une nouvelle fuite en avant, entre folklore et survie.
